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Interview : Michaël Youn, show aux fesses Quelle est la question que les journalistes te posent le plus souvent ? Et celle qu'on te pose le plus dans la rue ? > Les journalistes, c'est toujours : "Michaël Young, il y a bien un G à la fin ?" Ben non ! Puisque c'est Youn !... Et dans la rue : "Hé ! Morning live ? Tu te fous pas à poil ?..." A la télé, sur scène ou au cinéma, tu penses que c'est plus difficile de faire rire, de faire pleurer de rire ou de faire pleurer ? > De faire rire. Je peux plus facilement émouvoir, parce que c'est une sincérité plus évidente. Pour moi, le plus noble c'est de faire rire. Quant à faire pleurer de rire, c'est très dangereux dans un spectacle, car le risque, c'est de ramer ensuite ! Il faut faire pleurer de rire lors du dernier sketch uniquement. En fait, voilà le scénario idéal : tu commences par faire rire, ensuite tu fais pleurer et tu achèves le public en le faisant pleurer de rire ! Qu'est-ce que tes amis, tes potes ou tes parents ne savent toujours pas sur ton adolescence ? > Mes potes connaissent presque toutes mes expériences sexuelles, éthyliques et... stupéfiantes. Mais ce que mes parents, même s'ils le supputent, ne savent pas vraiment, c'est la violence du cri qu'il y a en moi. Et puis (rires), j'ai deux ou trois habitudes sexuelles dont ils ne sont pas au courant... (Éclat de rires). Quel est le reproche que l'on te fait avec lequel tu es finalement le plus d'accord ? > Je suis un peu soupe au lait. Souvent de mauvaise foi, excessif et exigeant... Mais dans le mauvais côté. A ton avis, quelle matière faut-il enseigner d'urgence ? > Celle du bonheur de la contemplation. Il y a des tas de plaisirs simples, accessibles à tous et assez facilement, c'est important d'en avoir conscience. On devrait plus apprendre aux enfants à s'émerveiller, et à quel point la vie peut être belle, même dans le "9-3". Quel est le défaut qui, dans ton métier, peut devenir une grande qualité ? > L'excès. Et puis la souffrance peut devenir une qualité. Le regard des autres, leurs jugements. En fait, tout ce qui me fait mal, c'est de la matière pour les spectacles. Qu'est-ce qui t'irrite et qu'est ce qui te fascine le plus dans la jeunesse actuelle ? > Ce qui m'irrite, c'est leur manque global de curiosité. Sorti de la télé, qu'est-ce qui les intéresse ? Et justement, ce qui me fascine, c'est qu'ils en n'ont rien à foutre de tout. Ils passent des images d'un massacre en Tchétchénie à Jenifer assez facilement... Ils n'ont aucune nostalgie, ils sont totalement dans le présent et dans le concret. Quel est ton plus grand coup de bluff ? > Je pense vraiment que je suis un escroc et que les gens ne s'en sont toujours pas rendu compte... Je ne comprends pas ce qu'on me trouve. C'est un joyeux concours de circonstance. J'ai de la chance. Même si c'est de moins en moins le cas, avec qui te confondait-on le plus ? > Louis Figo ! Et Michaël Young... avec un "G"... C'est vrai que la ressemblance avec Figo, c'est impressionnant ! Dans l'humour, quelle est ta devise ? > "Tant que c'est marrant, c'est marrant !" Ça se résume à une phrase comme ça. A partir du moment où ça fait rire, il ne faut pas chercher à s'interroger plus. Parmi toutes les qualités que l'on te prête, quelle est la moins vraie ? > Pas mal de nanas me trouvent beau. Talleyrand disait : "La beauté, ça fait gagner 15 jours..." Et puis, depuis que je suis drôle, je suis devenu vachement plus drôle... On ne prête qu'aux riches ! Quelle est la critique qui a le don de t'énerver ? > C'est celle qui est fondée ! Mais je n'aime pas qu'on me dise : "C'est pas bon", "c'est pas drôle", ou "c'est pas émouvant !" Je préfère vraiment l'option : "Je ne trouve pas ça drôle", ou "je ne trouve pas ça émouvant", ne pas faire de jugement de valeur dans l'absolu, mais un jugement personnel. Quelle est la proposition la plus saugrenue que l'on t'ait fait dernièrement ? > D'aller jouer mon spectacle, déguisé en lunette géante... dans une convention d'entreprise pour une grande marque de lunettes. Et sinon, un soir où j'étais un peu attaqué, on m'a proposé une petite participation dans un film de cul, j'ai dit "oui", mais je me suis dégonflé le lendemain... Quelle est la honte de ta vie, adolescent ? > Enfant, je devais avoir 8 ans, la maîtresse m'a interdit d'aller aux toilettes, et je n'ai pas pu me retenir. Elle a fait évacuer la salle, et une fois dans la cour, mes petits camarades se sont rendu compte que ça venait de moi. Pourquoi les humoristes ne balancent jamais sur les autres humoristes... ? > N'oublions pas qu'on est tous le "comique beauf" de quelqu'un et le "comique pointu" d'un autre. Je crois qu'il faut des grosses couilles pour monter sur scène dans le but de faire rire, alors il y a vraiment du respect. Mais, si tu veux que je balance, j'y vais... Vas-y... > Jean Roucas, Guy Montagné, Michel Leeb, tous ceux qui font de l'humour "old school" ne m'amusent pas du tout. Ceci étant, ils ont été drôles à une époque. Les femmes ne me font pas marrer par exemple. (Réflexion). Si, si... Je dis n'importe quoi. Muriel Robin ou Valérie Lemercier, j'adore... Tu vois, finalement, tu ne balances pas... > Je suis content de ne pas avoir que des amis dans ce métier. Ce n'est pas sain d'être aimé de tout le monde. A la télé, il y a des tas de gens que je n'aime pas. Delarue, Evelyn Thomas, Jean-Pierre Pernault... C'est bien, tu t'es rattrapé, mais ils ne sont pas humoristes. D'ailleurs, quel est le comble d'un humoriste ? > C'est de faire comme Serrault lorsqu'il jouait dans les "Palmes de Monsieur Schultz". Le soir où il a perdu sa fille, il a joué. Continuer à faire rire alors que ta vie est un drame. Qu'aimerais-tu que le diable te dise, si par hasard tu vas en enfer ? > "Tu vas voir, ici c'est super ! On baise, on picole et on se drogue toute la journée, et il n'y a jamais de descente..."
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